La seconde vague : la mise en place de la démocratisation de l’enseignement

Après avoir fait face à deux terribles guerres mondiales, la France décide d’améliorer son système éducatif. À travers la période de Libération jusqu’à la fin des révoltes de mai 1968, le système éducatif français connaît plusieurs altérations significatives. C’est ainsi que débute la seconde vague de lutte contre les inégalités face à l’éducation grâce à la massification et la démocratisation de l’enseignement.

  • La Libération:
  • La commission de réflexion sur l’éducation: Sous le régime de Vichy, le gouvernement met en place une commission de réflexion sur l’éducation. Ceci permet au pays d’évaluer le statut de l’éducation et de proposer des solutions aux problèmes auquel le système fait face.
  • Le rapport Langevin-Wallon: En réponse à la massification de l’enseignement, ce rapport prévoit plusieurs mesures pour “moderniser” l’éducation en s’appuyant sur les principes de la Résistance. C’est ici que l’on développe des idées comme la démocratisation de l’enseignement. On propose d’accomplir cette fonction de trois manières: rendre l’école obligatoire jusqu’à 18 ans, s’inspirer de l’école nouvelle et créer un école unique. Ainsi, ce rapport semble très idéal pour réduire les inégalités dans la société à travers l’éducation. Or, avec l’arrivée de la guerre froide, il ne pourra accomplir les fonctions qui étaient espérés et sera oublié.
  • La réforme Berthoin de 1959 (son application est réalisée en 1971): L’école devient obligatoire jusqu’à 16 ans. Les enfants de tous milieux bénéficient donc d’une formation plus longue et travaillée.
  • Au niveau collège: Mise en place de collèges d’enseignement général (CEG) et de collèges d’enseignement secondaire, qui offrent de nombreuses filières. Ainsi, le collège lui aussi se diversifie. On pourrait supposer que les enfants plus pauvres qui ne peuvent pas rester à l’école pendant longtemps pourront quand même profiter d’une éducation collégienne de qualité.
  • La loi Debré de 1959: L’Etat offre de financer le salaire des professeurs des écoles privées, mais que si ces écoles suivent le même agenda scolaire que les écoles publiques. Ainsi, le pays tente de rendre la qualité de l’éducation égale à travers le pays en instaurant un programme scolaire unique. Cet ainsi que les élèves étudieront les mêmes sujets, peu importe l’école qu’ils fréquentent (privée ou publique).
  • Les années 1960: Le système éducatif est débordé. Il n’arrive pas à se développer assez vite afin de soutenir la population étudiante croissante. En essayant de commencer par améliorer l’enseignement technique et professionnel et ensuite les universités et l’enseignement secondaire, les institutions françaises restent mal-préparées face à la grande demande en éducation. L’enseignement supérieur français finit par offrir une éducation de qualité moindre et n’arrive donc pas à satisfaire les besoins de la population.
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    • Les manifestation des étudiants en mai 1968: à partir de cette période, plus de retour en arrière

    1313533-Affiche_de_mai_1968

    Affiche de propagande
    Source: http://www.larousse.fr/encyclopedie/images/Affiche_de_mai_1968/1313533

  • En réponse à la désorganisation du système éducatif supérieur, les étudiants français, inspirés par la protestation des étudiants de UC Berkeley avec le Free Speech Movement contre la guerre du Vietnam, organisent une révolte étudiante contre l’État. Ce mouvement se transforme en une crise sociale qui prend en compte trois aspects différent : l’université, le social (le mal traitement des ouvriers) et la politique.
  • Début de 1968: Le mécontentement des étudiants commence à la faculté de Nanterre, qui avait été située par l’État au sein d’un bidonville afin de tenter l’égalisation de la Sorbonne de Paris. Ainsi, les étudiants furieux contre cette “société capitaliste” se préparent à la révolte contre l’université.
  • Le 22 mars 1968: C’est alors que s’achèvent une multitude de révoltes menées par Daniel Cohn-Bendit.
  • Le 2 mai 1968: L’université de Nanterre finit par se fermer à cause des nombreuses révoltes.
  • Le 3 mai 1968: Lors d’une manifestation dans la cour de la Sorbonne, la police intervient de manière agressive. Elle finit par arrêter 500 manifestants, ce qui enrage et aide à l’unification de la société étudiante. En réponse, les étudiants mènent des révoltes dans les rues du quartier latin. Le mouvement est suivi par tous et est encouragé par l’UNEF (le syndicat étudiant mené par Jacques Sauvageot). Il s’accroit chaque jour et s’étend dans différents secteurs, notamment les lycées.
  • La nuit du 10 au 11 mai : Il y a de la violence dans les rues, avec conséquences ravageantes. Cette “nuit de barricades” incite d’autres groupes à manifester.
  • 1313532-Barricade_de_la_rue_dUlm_devant_lÉcole_normale_supérieure

    Ravages de la nuit
    Source: http://www.larousse.fr/encyclopedie/image/Barricade_de_la_rue_dUlm_devant_lÉcole_normale_supérieure/1313532

  • Le 13 mai: À travers la France et surtout Paris, les syndicats se joignent aux étudiants pour protester la violence policière. C’est alors que ce mouvement déclenche une vague de manifestations et de grèves: c’est la crise sociale. Les manifestations étudiantes soulèvent d’autres débats, comme le mal traitement des groupes socioprofessionnels défavorisés (ex: les ouvriers).
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    C’est ainsi que les manifestations des étudiants révèlent l’inégalité omniprésente au sein de la société française. La population étudiante, craignant la non-stabilité de son futur soulève le fait que les inégalités entre l’école bourgeoise et l’école publique sont inacceptables. Bien que ce mouvement soit ravageant, il incite la progression du système éducatif, politique et social français. Ainsi, de nouvelles initiatives et principes sont instaurés et appliqués de manière concrète (comme la démocratisation de l’enseignement supérieur), mais des programmes anciens sont aussi rappelés (comme les principes de Jules Ferry réitérés dans l’élitisme républicain de Jean-Paul Chevênement).

    • Après Mai 1968:
  • Loi Faure de 1968: L’université est réformée à travers la démocratisation de l’administration et le renforcement de l’autonomie et de la mixité (qui devient la norme à tous les niveaux).
  • Loi Haby de 1975: Création du collège unique.
  • Loi Jospin de 1989: Elle place l’élève “au centre du système éducatif” et inclut dans sa formation une dimension de citoyen futur.
  • Ainsi, l’éducation progresse (avec plus de 80% des élèves recevant leur baccalauréat). Mais, il reste néanmoins un écart important entre les élèves en fonction de leur appartenance sociale. L’enjeu de la réduction des inégalités grâce à l’éducation reste présent aujourd’hui.

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