L’opinion d’un professeur du LFSF – Dennis D.

  • Qui est-ce?

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Dennis D. est un professeur surnommé très souvent “Mr D.” Il a passé son enfance à Ohio, un fait qu’il nous rappel souvent. Depuis longtemps, il réside à San Francisco. Il enseigne l’U.S. History et l’OIB Histoire-Géogaphie au Lycée Français de San Francisco. Avant ce métier, il a créé deux compagnies, la première, un label et la deuxième une compagnie d’exportation de produits alimentaires avec certains pays asiatiques comme la Chine. À l’université, il a fait des études approfondies dans le domaine de l’histoire de la Chine et du Japon.

Son interview fait preuve d’expérience et de comparaisons pertinentes entre les systèmes éducatifs français et américains. Nous avons réalisé un entretient vidéo dans une salle de classe au LFSF. Nous vous encourageons de lire ce qu’il a à dire en tant que professeur américain à une école française.

Traduction:

Q: Connaissez-vous certaines de ces initiatives pour combattre la discrimination positive et les quotas mis en place qui ont réussis ou échoués?

R: Eh bien, je pense que la Cour suprême a essentiellement décidé que les quotas ne sont pas autorisés. Même je ne pense pas que cela a été décidé de façon nationale, mais plutôt influence certaines universités publiques dans leur processus d’admission, il y a une tendance générale à abandonner les quotas et à aller vers un système plus juste et équitable. Mais si vous prenez en compte uniquement les notes, vous allez perdre beaucoup de diversité ethnique. Donc, le problème pour les collèges et les bureaux d’admission c’est de bien équilibrer ceci. Et c’est une situation qui est très plaidée en ce moment dans la Cour suprême.

Traduction:

Q: Quelle importance donnez-vous à l’origine ethnique ou le milieu socio-économique dans le processus d’admission universitaire?

R: Je pense que la différence dépend de votre propre race. Je pense que chaque race voit la situation tout à fait différemment. Et je pense que les perceptions sont presque diamétralement opposées. La plupart des statistiques semblent indiquer que blancs et noirs, par exemple, et les Asiatiques considèrent le processus d’administration de façon très différent. Est-il biaisé, est-il juste, est-il inégal? C’est une question de sociétale, je ne suis pas sûr que nous ayons une réponse pour le moment. Nous sommes toujours en train de trouver une solution. Combien de temps avant qu’on en trouve une? Quand trouvez-vous la fin? Lorsque vous avez une reconnaissance ou une acceptation que c’est égal ou inégale.

Traduction:

Q: Quelles sont les différences entre les systèmes français et américains et que pensez-vous de celles-ci?

R: Vous savez qu’on m’a posé cette question il y a quelques années aussi! Je pense qu’ils ont tous les deux des avantages. Je pense que la façon d’écrire, l’écriture d’essais, les réponses aux questions que vous devez faire dans le système français est vraiment excellent. Et nous avons tendance à ne pas en faire autant dans le système américain. Mais je trouve la flexibilité dans le système américain plus avantageuse que dans le système français. On découvre beaucoup de sujets intéressants lors du cours, ce serait merveilleux de pouvoir poursuivre les discussions variées, ce serait très intéressant. Par exemple, lorsque nous avons parlé du programme OIB et les aspects historiques de ceci, la seule partie où nous avons vraiment beaucoup de flexibilité est quand nous choisissons les études de cas, et un peu dans ce que notre objectif pourrait être dans l’histoire américaine, mais le composant français est vraiment rigide et nous ne pouvons pas le changer. Et je ne veux pas dire rigide dans un sens que le style d’apprentissage est rigide, mais plutôt que la façon dont le programme est mis en place sur le plan conceptuel. C’est des blocs d’informations dans le programme d’études français par rapport à une sorte de transition en douceur dans celui américain. Bien que c’est justement le but du système français, il semble être un processus très compliqué. L’OIB en 11è et 12è année est difficile, c’est difficile de bien comprendre ce qui est réellement exigé. Donc je pense que les deux ont des avantages. Je pense que ce serait avantageux pour les professeurs de français d’avoir beaucoup plus de temps en termes de leur formation pour visiter les écoles américaines pour voir ce que nous faisons. Parce que le système d’apprentissage pour moi en venant ici était vraiment différente. Comment le processus fonctionne et ce qu’on attend des élèves… Une chose très simple par exemple, l’idée de récompenser l’effort n’existe pas dans le système français, vous n’êtes simplement pas récompensé pour l’effort. Mais c’est une partie fondamentale de l’éducation américaine que si quelqu’un essaye, vous leur donnez une récompense. Et c’est une grosse, grosse différence pour moi. Je pense que le système américain engendre un esprit d’entrepreneur pendant que le système français engendre une prise de conscience très sociale (que le système américain ne possède pas.) Donc, je pense qu’ils ont tous deux des inconvénients et des avantages. Bonne chance pour essayer de mettre les deux ensembles. C’est une question très difficile. Vous savez, chaque établissement scolaire essaye de mettre les deux ensemble. Je pense que c’est une lutte constante. Mais nous essayons.

Q: Je suis complètement d’accord avec le faite que l’esprit d’entrepreneur est beaucoup plus poussé dans les écoles américaines. Il semble y avoir plus d’exercices oraux, il semble souligner la participation. Alors qu’ils ont tous deux des aspects positifs et négatifs comme vous l’avez dit, le système français est très fort à faire de ses élèves des personnes socialement conscients non seulement dans leur propre pays, mais aussi partout dans le monde. C’est quelque chose qui manque habituellement dans les cours américains standard que les gens prennent. Vous pouvez prendre AP histoire mondiale, mais seulement une quantité limitée d’étudiants assiste à ce cours.

R: Je trouve aussi qu’il y a moins d’interrogation de pourquoi, dans le système français, mais beaucoup plus “c’est ça ce que c’est”, et je trouve qu’il y a beaucoup plus de questionnement dans le système américain.
Je trouve aussi qu’une caractéristique très importante dans le système américain est la capacité à l’échec, et pouvoir complètement se ramasser et recommencer. Cela fait partie de cet esprit d’entrepreneur. Et il y a une grande tendance dans le système français de ne pas encourager cela, mais plutôt de prendre ses précautions. Et je dis cela dans le sens des carrières. Il est beaucoup plus difficile de changer de carrière en France et si vous échouez c’est beaucoup plus difficile de se relever et recommencer quelque part d’autre.
Et l’idée dans les universités américaines est d’utiliser ces quatre années pour explorer le monde professionnel, essayer de nouvelles choses et s’amuser dans de nouvelles industries. Lorsque vous avez dix-sept et dix-huit ans, savez-vous vraiment ce que vous allez faire avec le reste de votre vie?
Et je trouve vraiment que la piste technique, où vous apprenez une compétence technique est très particulière. Je trouve cette distinction où vous devez choisir votre piste très tôt vraiment étrange.

Traduction:

Q: Pensez-vous que ces initiatives et programmes ont réussies ou échouées dans leur but?

R: Personnellement, je pense que le processus d’admission aux universités est très injuste. Je pense que la tentative d’équilibrer les succès académiques d’un individu vs leur impact potentiel sur la société signifie que de nombreux bons candidats ne sont pas donnés des chances égales. Plusieurs étudiants très méritants n’auront jamais les mêmes chances d’atteindre le succès que d’autres à cause de leur situation socio-économique. Je pense que dans le domaine de l’admission, on est classifié par ethnies. Les efforts de rendre les admissions plus “aveugles” sont pas très réussis. Il suffit juste de regarder UC Berkeley. Si on analyse le pourcentage de groupes ethniques vs le pourcentage de leur groupe ethnique dans l’Etat de Californie, on verrait une grande différence. On a beaucoup de travail à faire.

Traduction:

Q: Est-ce que la distribution égalitaire des étudiants selon leur origine ethnique et socio-économique dans une ville peut être une solution?

R: C’est une question de “busing” d’étudiants pour obtenir une diversité dans des écoles qui sont plus représentatives de certaines populations. Qu’est ce que ça veut dire? Un cas classique était à Boston avec des enfants de classes favorisées qui ont du être transportés à des écoles considérées “inférieures” pour essayer de lutter contre la division raciale. Il ya eu des manifestations très violentes à propos de ce sujet. Il y a eu une désapprobation générale des plus riches envers aller à une école moins bien développée. Vis versa pour les socialement contestés qui arrivent dans ces environments où ils ne sont pas confortables. Ils souffrent aussi grandement. Est-ce que le “busing” atteint l’égalité? Je pense que en données sur une feuille, oui. Mais en réalité, non.

Traduction:

Q:Pouvez-vous nous donner des évènements dans l’histoire Américaine qui ont influencé l’éducation? Est-ce que ça a vraiment permit l’égalité?

R: La question a deux parties: 1) Est-ce qu’on a parvenu à trouver l’égalité? 2) Les evènements spécifiques qui ont contribué. Biensûr, l’évènement est en 1954 avec  le renversement de Plessy vs Ferguson (Cour suprême), qui a assurer des opportunités scolaires séparées mais égales. Ça n’a pas fini par être le cas. Les Afro-américains étaient sujets d’une discrimination atroce. La Cour suprême à rendu l’éducation plus égale avec l’“accès égal” quel que soit ton ethnicité. Revenons à la question 1, à travers plusieurs interprétations de cette loi, on a instauré plusieurs quotas etc dans le système qui sont continuellement modifiés. Trop du côté des inégalités raciales… puis trop du côté des égalités raciales… La décision Bakky dans les années 70-80 à propos du système d’admission à l’Université de Californie au sujet de la race est un moment emblématique. Aujourd’hui, le problème n’est pas de voir si l’éducation est égale mais si l’accès à l’éducation est égale. Par exemple, si on va à une école qui n’offre pas d’entrainement pour le SAT, que sera la sévérité de votre désavantage?

Traduction:

Q: Est-ce qu’on peut faire quelque chose pour améliorer le processus d’admission à l’université pour diminuer ces inégalités?

R: Je viens de regarder un documentaire sur E. D. Rand. Elle se demande sii la société a la résponsabilité d’aider ceux qui sont moins opportunés. Ceci se passe durant le “Social Gospel Movement” des protestants. Est-ce la résponsabilité de la société ou de l’individu? Je pense qu’on est toujours entrain d’essayer de déterminer ceci. Jusqu’à ce qu’on se décide, il y aura l’inégalité. Cependant, je pense que le plus on se rapproche à l’accès égal à l’éducation, le mieux sera notre échantillion prélevé pour mesurer la diversité ethnique au niveau universitaire. Je pense que quand quelqu’un riche ou privilégié dans une zone suburbaine a déjà un “headstart”, c’est injuste. J’ai grandi dans une zone des etats-unis avec un “blue collar background.” Ce qu’on était avisé à faire et nos possibilités étaient beaucoup plus limités. Je pense qu’il y a des perceptions fortes envers l’université au sujet du privilege et des inegalités… La seule manière d’adresser ce problème est d’essayer de faire plus de tests. (Et je sais que vous adorez les tests…) C’est ça la simple solution que j’envisage pour que le niveau augmente. On a aucune idée si ça va être un succès. On ne saura que lorsqu’on essayera.

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