L’opinion d’une conseillère d’orientation – Natalie B.

  • Qui est-ce?

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Natalie B. est la conseillère d’orientation (“college counselor”) à notre école, le LFSF. Elle est d’origine canadienne et a fait ses études de psychologie et neuroscience à McGill University à Montréal . Depuis plusieurs années, elle conseille les élèves du Lycée Français de San Francisco pour qu’ils puissent planifier un futur qui corresponde le plus à leurs besoins.

Nous avons réalisé un entretient avec elle à son bureau au CDI. Ici, elle dévoile le fonctionnement du système d’application des universités publiques et privées aux Etats-Unis. Elle nous fournit un point de vu professionnel, rationnel et équilibré.

Voici notre entretient avec Natalie B. sous format vidéo:

  • L’interview: (Traduction)

Q: Quel est votre métier?

R: Je travaille très beaucoup avec les parents, élèves et membres de la faculté pour organiser les intérêts des étudiants après le lycée que ce soit aller à l’université, voyager à travers le monde, participer à un programme spécial, faire un “gap year”…

Q: En tant que conseillère d’orientation, comment l’ethnicité se présente-t-elle comme un facteur dans l’admission aux universités?

R: L’éthnicité est une caracéristique plus importante aux États-Unis que dans d’autres pays. Une des philosophies de plusieurs universités aux États-Unis est qu’il faut avoir une population étudiante très diverse. Ceci comprend l’ethnicité. L’idée est d’avoir une salle de classe où les gens viennent de différents milieux et qui ont eu de différentes expériences. Ceci rend l’environnement d’études plus riche et intéressant.

Q: Y a-t-il des inégalités apparentes dans le processus d’admission, qui se focalisent sur l’ethnicité et le statut social?

R: Je sais pas si c’est apparent. C’est certain que quand on regarde les universités privées aux États-Unis, on peut voir des inégalités en termes d’accès à l’information et en termes du processus d’admission lui-même. Il y a des écoles qui pratiquent l’“affirmative action” et qui le disent clairement sur leurs sites web.

Q: Et dans le processus d’application?

R: Pour le processus d’application, ce qui compte c’est l’accès à l’information et l’accès aux ressources. Par exemple: en termes d’écoles privés vs publiques, en Californie, le ratio “college counselor” – élèves est de 1000 à 1 dans les écoles publiques.Un conseillé s’occupe en moyenne de 1000 étudiants!Pedant que dans les écoles privées c’est environ 35 à 1. Il y a déjà une grande différence en termes d’accès aux ressources et intéraction avec la conseillère. Surtout quand les conseillés écrivent des lettres de recommandations aux étudiants alors qu’ils ne les connaissent pas forcément très bien. En termes d’accès à l’information et aux ressources, les questions qui se posent sont: Est-ce que vous avez un ordinateur (la plupart des applications se font par internet aujourd’hui)? Est-ce que vous êtes la première génération?  Est-ce que vos parents ont des contacts ou informations qui pourront vous aider? Toutes ces données peuvent être des facteurs qui contribuent à l’inégalité dans le processus d’admission.

Q: Est-ce que vous voyez des inégalités qui pourraient bénificier ou désavantager les minorités?

R: Le point le plus important à connaitre c’est l’accès à l’information. Un autre point revient à l’idée que si l’on fait partie d’un groupe ethnique spécifique, l’université pourrait ou ne pourrait pas être pour nous… Il y a plusieurs phrases dites par des étudiants qui reviennent dites souvent: “Mes cousins disent que c’est une perte de temps. Je ne veux pas y aller!” ou dans certains groupes, si on est intelligent, on est perçu comme un “geek” ou un “loser”. Il y a très clairement une pression du groupe de paires qui l’accompagnie.

Q: D’après vous, est-ce que l’on devrait prendre en compte l’ethnicité dans les application à l’université?

R: Ça me rappel la notion de méritocracie. L’université est un endroit où l’on obtient une éducation. Plusieurs individus pensent que le processus d’admission devrait être basé seulement sur le mérite académique. D’autre part, je comprend l’argument qui dit que l’accès à l’information est lié à l’accès à l’éducation et qu’avec la notion de statut socio-économique, pas tout le monde a la chance de montrer son excellence académique. Est-ce que c’est juste? On inclut donc ces facteurs socio-économiques, ethniques, minorités… dans les critères d’admission pour essayer d’égaliser ce processus. C’est une question difficile. Je ne pense pas qu’il y a une réponse juste ou pas juste. C’est au milieu, dans le gris.

Q: Est-ce que vous avez en tête des solutions pour réduire ces inégalités?

R: Si j’avais une bonne solution pour ça, je gagnerais un grand prix! Je pense qu’il y a beaucoup de gens dans ce pays qui travaillent sur des solutions de manières très différentes. Je pense qu’il est important de prendre en compte sa communauté et ses besoins. Je ne pense pas qu’il y a nécessairement une solution générale. C’est l’idée de “think national, act local”. Qu’est-ce que ma communauté? Quels sont ses besoins? Comment est-ce que je peux trouver des solutions? C’est ce qu’il y a d’éssentiel et ce qui pourra être très utile.

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