Les principes du système français

Plusieurs termes sont utilisés pour énoncer les normes mises en place par le système éducatif français. Il est essentiel de les définir pour comprendre leur rôle et degré d’efficacité aujourd’hui. De plus, les objectifs de cette politique d’éducation sont aussi nécessaires à définir. En faisant ceci, on comprendra si la France accomplit tout ce qu’elle figure à faire et à initier au sujet de la réduction des inégalités socioprofessionnelles à travers l’éducation (surtout au niveau de l’enseignement supérieur).

  • La décentralisation:
  • D’après le Larousse, la décentralisation est un « Système d’organisation des structures administratives de l’État dans lequel l’autorité publique est fractionnée et le pouvoir de décision remis à des organes autonomes régionaux ou locaux. » C’est alors que l’on tente de rétablir l’équilibre à travers le pays pour éviter que le pouvoir ne se concentre que dans les grandes métropoles (comme Paris). Plusieurs entreprises sont donc incitées à établir leurs lieux de travail dans des zones mois développées du territoire pour diffuser le pouvoir. Ce terme s’applique au sujet de l’éducation française car elle aussi décentralise ses institutions (écoles). C’est ainsi qu’elle développe des programmes financés par l’État comme les Zep pour offrir une éducation de qualité aux classes moins favorisées (qui auront la possibilité de connaître des futurs plus brillants). Elle rénove aussi par exemple les parcs des collèges et lycées. La décentralisation joue donc un rôle clé dans la réduction des inégalités socioprofessionnelles à travers l’accès à l’éducation.

  • La méritocratie:
  • D’après la sociologue, Elise Tenret, “la méritocratie renvoie à l’idée que les personnes doivent occuper une position sociale, non en raison de leurs origines sociales mais de leur mérite, c’est-à-dire de leur talent et leurs efforts”. C’est avec l’arrivé de Napoléon Ier qu’un système méritocratique français tente de s’instaurer. Bien qu’il échou, il reste néanmoins dans la tête des français. Certains en gardent même de l’espoir. Par exemple, dans Le Rouge et le Noir de Stendhal, Julien Sorrel, un anti-héros issu de la classe ouvrière rêve d’un monde égal où il pourra réussir grâce au concept de la méritocratie. Or, il faut attendre jusqu’à l’école de Jules Ferry – laique, gratuite et obligatoire – pour retrouver un système méritocratique qui fonctionne. Depuis 1883, la France continue à essayer d’inclure les principes de ce terme dans ses institutions. En offrant une éducation telle que celle énoncée dans les lois de Ferry, la France semble assurer un système éducatif gouverné par le principe politiquement puissant de la méritocratie.
    Aujourd’hui c’est un terme accepté par tous. Or, il ne faut pas se laisser convaincu par l’illusion. Comme le déclare Tenret, “cette idée séduit les tenants du plus d’égalité, qui voient un pas fait dans ce sens dès qu’un élève défavorisé réussit, mais aussi ceux qui militent pour les libertés individuelles et estiment que celui qui veut réussir le peut grâce à son travail”. Ainsi, la méritocratie se présente plus comme une idéologie ou un but, qu’un fait réel. Toutefois, le terme parle à tous et renforce l’espoir de la société. Le sociologue François Dubet, le considère de façon très réaliste, une “fiction nécessaire”. Néanmoins, certaines grandes figures ont bénéficié de ce terme. Par exemple, Claude Bartolone doit son succès à un instituteur de la République qui a changé son destin.
    Nicolas Sarkozy lui aussi tente de favoriser la méritocratie en lançant son projet d’”internats d’excellence” en 2008. Leur but était de trouver les élèves les plus brillants dans les collèges moins favorisés et de les offrir de bonnes conditions d’études dans des établissements reconnus. Or cette initiative reste très extrême et une nuisance par rapport à l’objectif de rendre l’école un affaiblisseur des inégalités socioprofessionnelles (car on laisse le reste des étudiants des lycées “ghettos” à l’arrière).

  • “L’égalité des chances”:
  • Ce concept se comprend comme il se lit. C’est très simplement le fait de promouvoir des chances égales pour tout le monde. Ainsi, la population devrait avoir accès aux mêmes opportunités tout au long do leur carrière d’élève. Grâce à l’école publique, laïque et obligatoire, et aux Zep, les étudiants sont désormais exposés aux mêmes chances face à l’éducation. “In essence”, ils devraient avoir les mêmes chances d’accéder à des études supérieures de qualité. Or on verra plus tard que ce n’est pas le cas. En effet, l’offre d’une éducation de même qualité n’est simplement pas assez pour réduire les inégalités socioprofessionnelles. Cependant, on tente d’intervenir au plus tôt en visant tout d’abord les premières années d’école. Ainsi, “l’idée, encore une fois, n’est pas de favoriser la réussite de quelques-uns mais de promouvoir, dès le primaire, le principe d’égalité des chances”, dit (le journaliste du monde.fr).

  • L’élitisme républicain:
  • Le terme d’élitisme républicain est historique pour la France et surtout la carrière du politicien, JP Chevènement. Lors des révoltes françaises face à l’éducation, il réussit à apaiser la situation en énonçant quatre priorités : “la formation des maîtres, l’école primaire, le contenu des programmes et l’enseignement technique” (d’après le Larousse). Les grandes associations qui visent l’éducation dont la SNALC (Syndicat national des lycées et les collèges), la Société des agrégés, et la PEEP (Fédération des parents d’élèves de l’enseignement public), sont satisfaits par ce concept de Chevènement car ça leur rappel le système énoncé par Jules Ferry, environ un siècle avant, un retour aux bonnes habitudes. En effet, le politicien n’invente pas réellement de nouveaux buts ou règles, mais remet en lumière celles du passé, les mobilisant en les rendant favorables à tous. Il ne fait que citer les lois de Ferry et finit par inventer le mot “élitisme républicain” pour référer à son dessein (c’est l’équivalent de “l’éducation nationale”). Il unit aussi le peuple en instaurant un ennemi commun : l’inefficacité du système éducatif Français.
    Le principe de l’élitisme républicain est donc de permettre à tous les étudiants d’accéder aux mêmes honneurs face à l’éducation de façon universelle. L’école devient désormais égalitaire que si l’école est égalitaire, “en imposant à tous, avec le même degré d’exigence, des connaissances communes” (le Larousse).
    Ainsi, bien que Chevènement n’invente rien, il remet en cause les lois de l’éducation nationale Française à un moment privilégié pour le pays (le question de l’éducation était très à la mode). Effectivement, s’il ne l’avait pas fait, le système éducatif français ne serait peut-être pas ce qu’il est aujourd’hui sans la bravoure de ce politicien qui a réussi à captiver le peuple et leur faire comprendre son objectif.

  • La démocratisation de l’enseignement supérieur:
  • La démocratisation de l’enseignement supérieur est un terme très discuté et analysé aujourd’hui. De manière général ce concept consiste à “rendre quelque chose accessible à toutes les classes sociales, le mettre à la portée de tous” (le Larousse). Elle renvoie ainsi “d’une part à un phénomène historique de diffusion de l’instruction et, d’autre part, à un projet de réduction des inégalités à l’école liées à l’origine sociale, nationale, géographique, ou de genre” (Garcia et Poupeau, 2003). Cette démocratisation a donc bien sur bénéficié les groupes socioprofessionnels moins favorables en leur offrant un accès à des catégories supérieures. Ainsi, il y a une massification importante de l’accès à l’éducation et à la formation des étudiants de toutes classes sociales. Le sociologue, Merle affirme même que “la diversité́ des filières assure, encore plus que dans le second degré́, une homogénéisation sociale des publics scolaires”.
    Or, bien que ce terme semble idyllique, il n’est pas nécessairement accomplit. En effet, la plupart des écoles qui offrent une éducation supérieure sont très sélectives. Ainsi, très souvent les enfants d’ouvriers et d’autres classes basses n’ont pas la chance d’accéder aux programmes de qualité. Ainsi, l’ouverture de l’école n’est pas directement reliée à la réduction des inégalités.
    Néanmoins, la démocratisation de l’enseignement supérieur fait preuve d’un progrès social important. En effet, on observe que la démocratisation affecte grandement les générations nées à la fin des années 1930 jusqu’au début des années 1950. Or, cette démocratisation semble ralentir pour les générations qui succèdent, mais reste quand même présente. De plus, le niveau scolaire s’élève énormément depuis les années 1950. On peut aussi remarquer que la démocratisation connaît plus de succès à partir d’un certain niveau de diplôme. Toutefois, il faut admettre que la démocratisation de l’enseignement supérieur a moins bien fonctionné que la démocratisation du baccalauréat. (Il faut aussi rappeler qu’il y a eu une dévalorisation du diplôme qui s’est faite avec l’arrivée des nouveaux groupes socioprofessionnels car elle a dut perdre de sa valeur pour les accueillir). Certains disent qu’il y a eu plutôt une démocratisation “verticale” donc manifeste du supérieur. Ainsi, elle s’est partagée par chacun des niveaux. En effet, ceci ne permet pas un accès équitable à tout le monde. On parlera des limites de la démocratisation supérieure dans la partie inconvénients.

  • Discrimination positive:
  • La notion de discrimination positive signifie la favorisation de “certains groupes de personnes victimes de discriminations systématiques (liées à l’origine ethnique ou sociale, à des critères religieux, culturels, etc”) (Larousse). Elle cherche donc à rétablir l’égalité des chances. C’est une notion qui existe en France mais est principalement favorisée aux États Unis (on en parlera plus dans la. Néanmoins, en France, elle reste active surtout depuis les années 1990. Ainsi, en France, la discrimination positive est utilisée pour renforcer le concept d’intégration des minorités pour encourager l’égalité.
    Plusieurs considèrent ce terme comme une injustice qui contredit les principes d’égalité face à la loi. Elle soulève désormais des questions d’éthiques et d’ordre.
    Or, on ne peut pas ignorer le fait qu’elle est en faveur de la réduction des inégalités sociales face à l’éducation. Ainsi, la discrimination positive permet de favoriser les groupes socioprofessionnels moins protégés. Par exemple, avec la mise on place des normes d’admission spéciale dans les écoles supérieures (Sciences Po) ou la création de zones favorisées (Zep).

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