Une brève histoire de l’école avant les grandes vagues

Bien que l’école n’a pas toujours été un lieu qui favorisait l’égalité, elle a connu à travers le Moyen-Âge et l’Ancien Régime français un développement rigoureux (dans certains secteurs et domaines), mais inégalitaire.

  • L’école du Moyen-Âge:
  • 23 mars 789: Admonitio generalis est décrété. Ce capitulaire est énoncé par Charlemagne, le fameux roi qui a supposément “inventé l’école”. Or, ceci n’est pas vrai. En effet, le décret qu’il instaure au sujet de l’éducation ne fait que mettre en place un projet de restauration des écoles religieuses (à cette époque monastiques et épiscopales). À cette époque, l’école était dominée par l’Église et l’élite. Ainsi, Charlemagne privilégie la formation rigoureuse de l’aristocratie et ne prête pas attention à la formation éducative de la majorité de sa population.
  • XIIème siècle, une université de qualité: La Renaissance remet en cause le développement de l’école. C’est alors que le domaine de l’instruction est renforcé. Du coup, elle fait place à la création d’un système efficace et unifie l’enseignement dans tous les collèges. Cependant, cette politique ne s’applique que dans les villes les plus importantes. Seuls les enfants issus de milieux privilégiés ont accès à cette éducation de qualité alors que les enfants pauvres (qui forment une majorité de la population) doivent rester à la maison pour aider leur familles. Bien que ce système reste inégalitaire, c’set un progrès positif. L’éducation supérieure fait apparation. Cette dernière est répartie en quatre secteurs: la faculté des arts, la théologie, la médecine et le droit. On peut remarquer que tous ces domaines d’études semblent très prestigieux. Or ceci n’est pas surprenant pour l’époque car l’université est uniquement réservée aux enfants d’élites. Ainsi, elle vise à leur offrir une éducation qui les permettra de poursuivre un métier de “haut rang”.
  • 1530: Le Collège Royal est créé (il deviendra éventuellement le Collège de France). Ce qui est important à savoir c’est qu’à partir de cette époque, certains professeurs commencent à enseigner en français au lieu du latin (par exemple, le mathématicien Forcadel). On peut en déduire que l’éducation commence à s’ouvrir en passant d’une langue ancienne et seulement connue par l’aristocratie à une langue locale et parlée par toute la population. Ainsi, si un individu provenant d’un milieu moins privilégié assistait à une classe au Collège Royal, il pourrait au moins comprendre la langue parlée par le professeur.
     

    • L’école sous l’Ancien Régime:

     

  • L’Ordonnance du 13 décembre 1698: Les parents de France doivent envoyer leurs enfants aux “petites écoles” pour apprendre des connaissances de base. Influencé par le ‘idéologie de “Plaire et instruire” énoncé par le classicisme, le Roi Soleil (Louis XIV) se voit rendre ce décret obligatoire à toute la population jeune jusqu’à l’âge de 14 ans. Or, pas toutes les familles défavorisées ne peuvent se permettre d’envoyer leurs enfants à l’école car ils ont besoin d’une main d’œuvre en addition pour assurer la survie économique de la famille. Ainsi, la grande majorité de la population reste souvent illettrée. De plus, bien que le roi déclare cette ordonnance, il ne fait rien de plus pour assurer le respect de cette initiative.
  • L’école est aussi divisée en deux parties: l’école des pauvres (“petites écoles”) et l’école des élites (“Frères des écoles chrétiennes”). Les objectifs de ces deux systèmes sont largement différents et influent énormément les futurs de leurs élèves. Les “petites écoles”, souvent trouvées dans les campagnes, enseignent souvent en patois ou dans la langue locale (avec quelques prières latines), alors que les écoles de l’aristocratie enseignent de manière plus “correcte” et en français.
    L’école reste désormais dominée par le pouvoir religieux et la source de son financement provient uniquement des familles. D’autre part elle se concentre toujours dans les villes et est majoritairement fréquentée et réservée aux garçons. C’est ici que sont établit les collèges et lycées fondés par les ordres religieux. Il y a même des établissements créés qui offrent une éducation gratuite et de qualité (comme le Lycée Louis-le-Grand, fondé par les Jésuites). Mais, ces institutions sont désormais majoritairement réservées à l’élite. Ainsi, c’est les groupes favorisés qui obtiennent les diplômes et l’accès à l’éducation supérieure. qui les permettront ensuite d’occuper des positions plus importantes dans la société.
    L’école reste très inégalitaire. Bien qu’elle tente d’instruire un minimun des classes basses, elle ne contribue pas de manière efficace ou volontaire à la réduction des inégalités socioprofessionnelles.
  • Avant la Révolution: On commence à propager l’enseignement de matières plus développées et intellectuelles comme les sciences et la philosophie. Le lien fort entre la religion et l’éducation est désormais réduit, prêtant moins pouvoir à la hiérarchie de l’Eglise qui se retire éventuellement du secteur éducatif. C’est ici que l’on fonde les grands établissements de formation supérieure spécialisée (précurseur des grandes écoles). Ces dernières connaissent aussi un public de haut statut et perpetuent les inégalités. Cependant, elles développent l’intellect de la population.
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